Mon cœur ? A plus cœur. Je l’ai cassé comme un enfant trop gâté. Ou il s’est cassé. Non, la vérité c’est que je l’ai agrippé et fracassé contre mon front. Mais non, mais non, ça fait pas si mal... Bon, ok, c’est bien pour te faire plaisir. Passe-moi de la colle. Ca va où ça ? Ah tiens. Ah non, c’est pas là qu’il était. Je l’ai remonté, mais il ressemble plus à rien. Il risque de fonctionner de travers. Regarde, ça ça va pas là du tout ! C’est pas grave, on va le laisser comme ça. Attends je vais essayer de le remettre. Ah, AAh, AAAhn. Pfiouuu ! Ca fait mal quand même, bordel. Je t’avais dit qu’il fonctionnerait mal. Ca bat dans ma poitrine, mais durement par à-coups irréguliers. Ca monte, ça descend. Aïe, aïe, aïe. T’as vu, j’ai la main qui tremble. Bon, je l’enlève et je le pose là dans un coin. Je vais peut-être le foutre à la poubelle...
Mes sentiments ? A plus sentiments. Elle a joué avec, s’est amusée d’eux. Une fois fixés, elle les a pris et les a balancés dans la rue. Marre. Plus envie d’être fort. Plus envie d’être beau. Plus envie d’être drôle, intelligent, gentil. Envie de pleurer. De me faire mal. Casser ce corps. Vaincre le mal par le mal, c’est ce qu’on dit non ?Que les douleurs physiques me fassent oublier la douleur intériure...